La pluie bruisse, ciel de ciment
Seul le réverbère laisse entrevoir qu’il bruine, doucement
Crépuscule, trouble nuit
Le crachin noircit le bitume gris.
Les néons de la ville ébleuissent nos visages hâves,
Détrempe d’émotions, figurines maculées, ocreuses,
Prisme de notre psyché, aux reflets seuls connus des autres,
Autoportrait fantastique à l’Arcimboldo…
Je regarde des photos qui n’ont jamais été prises,
Réminiscences, décentration, mise en abyme, vertige…
Chemin de Notre-Dame, chantier, gauloise caporale, baratin
Deux mains, allée ombragée, autre fois…
Se taire pour mieux regarder ou feindre de regarder pour mieux se taire,
Voir n’est pas comprendre, les « voiex», le temps les altère…
Comment parler des morts à ceux qui ne les ont pas connus ?
La pluie, diagonale, prend la tangente…
Le 24 mars 2007