samedi 24 mars 2007

Lullaby (ou Clichés)

La pluie bruisse, ciel de ciment

Seul le réverbère laisse entrevoir qu’il bruine, doucement

Crépuscule, trouble nuit

Le crachin noircit le bitume gris.


Les néons de la ville ébleuissent nos visages hâves,

Détrempe d’émotions, figurines maculées, ocreuses,

Prisme de notre psyché, aux reflets seuls connus des autres,

Autoportrait fantastique à l’Arcimboldo…


Je regarde des photos qui n’ont jamais été prises,

Réminiscences, décentration, mise en abyme, vertige…

Chemin de Notre-Dame, chantier, gauloise caporale, baratin

Deux mains, allée ombragée, autre fois…


Se taire pour mieux regarder ou feindre de regarder pour mieux se taire,

Voir n’est pas comprendre, les « voiex», le temps les altère…

Comment parler des morts à ceux qui ne les ont pas connus ?

La pluie, diagonale, prend la tangente…


Cornen
Le 24 mars 2007

vendredi 2 mars 2007

2006

On ne s’est pas dit au revoir…


Mon père qui est aux cieux

Tu as levé l’ancre…

Tu as pris le bateau de nuit,

Celui qui emporte les âmes (Anaon !)…


Au creux de ce canot tu es allongé,

Lit aquatique é-mouvant… tendu aux voiles du souvenir…

La mer d’Iroise n’est plus alors que le nid irisé

D’un immense œillet à fleur de terre et de ciel vert de gris


Tu restes adossé à ton mystère, sur le bois peint de cette plate,

Chêne d’algues et de rochers,… lichens.

Mer, la mer, celle où tu as refusé d’embarquer,

Mère, la mort, celle qui fut ta grande déchirure


Va, je te laisse, godille, l’autre rive est là,

Je sais, chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière...


« Tout seul », disait Alain, « universellement ».


Cornen

Pour le 18 août 2006

1996

Chester, bières, fish and chips, déambuler…

Effluves, écoper, embrumer…

Sonnerie, de battre ton cœur s’est arrêté…

Silence, gros orteil, soleil feutré…

Sami, vol Manchester-Paris…
Décomposer, recomposer, ménagerie…

Cheveux au vent, goémons aux tempes…

Pour qui sonne le glas ? Il retentit pour nous, en toi…

Enfouir pour mieux garder…

« Six pieds sous terre », papa, « tu n’es pas mort »…

« Six pieds sous terre », papa, je t’aime encore »…

Un grain, le diable se bat avec sa femme, alizés…

« Elle est retrouvée ! Quoi ? L’éternité.

C’est la mer mêlée au soleil ».

Kenavo, pa’

Cornen

Pour le 18 août 2006