La pluie bruisse, ciel de ciment
Seul le réverbère laisse entrevoir qu’il bruine, doucement
Crépuscule, trouble nuit
Le crachin noircit le bitume gris.
Les néons de la ville ébleuissent nos visages hâves,
Détrempe d’émotions, figurines maculées, ocreuses,
Prisme de notre psyché, aux reflets seuls connus des autres,
Autoportrait fantastique à l’Arcimboldo…
Je regarde des photos qui n’ont jamais été prises,
Réminiscences, décentration, mise en abyme, vertige…
Chemin de Notre-Dame, chantier, gauloise caporale, baratin
Deux mains, allée ombragée, autre fois…
Se taire pour mieux regarder ou feindre de regarder pour mieux se taire,
Voir n’est pas comprendre, les « voiex», le temps les altère…
Comment parler des morts à ceux qui ne les ont pas connus ?
La pluie, diagonale, prend la tangente…
Le 24 mars 2007
1 commentaires:
Je réponds à un commentaire(que j'ai supprimé par erreur!) qui me demandait pourquoi ce texte s'appelle Lullaby ou clichés:
"Lullaby" est le nom d'un court récit de J.M.G. Le Clézio qui m'a beaucoup marqué...
Ce poème se veut à l'instar d'un film, une succession de photos réelles ou fictives.
La première strophe, c'est ce que je vois en face de chez moi!!!
La deuxième: le début de "Taxi driver", enfin ce que j'ai ressenti!!!
La troisième: plus personnelle est une réminicense de mon enfance...
La quatrième: est une interrogation qui m'est posée aujourd'hui avec acuité...
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