On ne s’est pas dit au revoir…
Tu as levé l’ancre…
Tu as pris le bateau de nuit,
Celui qui emporte les âmes (Anaon !)…
Au creux de ce canot tu es allongé,
Lit aquatique é-mouvant… tendu aux voiles du souvenir…
La mer d’Iroise n’est plus alors que le nid irisé
D’un immense œillet à fleur de terre et de ciel vert de gris
Tu restes adossé à ton mystère, sur le bois peint de cette plate,
Chêne d’algues et de rochers,… lichens.
Mer, la mer, celle où tu as refusé d’embarquer,
Mère, la mort, celle qui fut ta grande déchirure
Va, je te laisse, godille, l’autre rive est là,
Je sais, chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière...
« Tout seul », disait Alain, « universellement ».
Cornen
Pour le 18 août 2006
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